Compte rendu mission 2009

Compte – Rendu Mission scolaire Février 2009

Objectifs:

  1. Poursuite des échanges entre l’école élémentaire de Baïla et l’école élémentaire de Houdan.
  2. Prise de contact avec les écoles de la Communauté Rurale de Suelle
  3. Evaluation des besoins et des priorités pour chacune

Ces objectifs fixés avant le départ étaient fort ambitieux et difficilement réalisables. L’aide précieuse des voyageurs, qui ont accepté de se joindre à la mission scolaire a permis de rendre possible tout le travail d’évaluation. Je pense particulièrement à Jean-Pierre DUVAL, Martine AYGALIN, Véronique MAHMOUDI, Patricia CHABERT et Loïc MAILLIER qui ont rencontré les enseignants et recueilli les doléances des écoles ainsi qu’à toutes celles et tous ceux qui ont apporté leur soutien en nous accompagnant.

En collaboration avec la mission médicale, chaque école de la Communauté Rurale de Suelle a reçu une trousse de « premiers secours ».

L’objectif est double :

  • faciliter l’accès aux premiers soins en cas de petites blessures (les enseignants étaient jusqu’alors obligés d’accompagner les élèves au dispensaire ou au poste de santé du village),
  • et sensibiliser les enfants à l’importance de la désinfection des plaies afin d’éviter l’infection.

Chaque école a également reçu un lot de fournitures scolaires ( cahiers, crayons, …) : dons collectés par les écoles de la CCPH, le collège Bel Air de Montfort l’Amaury, et les voyageurs de KADIAOR.

Ecole élémentaire de Baïla

  • Directeur : Mohamed DIEDHIOU
  • Chargé de la communication Houdan-Baïla : Amadou GOUDIABY
  • Apport de deux séries de manuels de Français ( La dictée sans faute – Le français au CM1) provenant de l’école d’Adainville.
  • Apport d’exemplaires uniques de livres de français et de mathématiques à usage de documentation pédagogique pour les enseignants ( provenance identique aux précédents).
  • Apport de deux dictionnaires offerts par les élèves de CM2 de l’école de Houdan.
  • Don d’une somme de 270 000 CFA de la part de l’école élémentaire de Houdan.

Cette somme a été utilisée pour la réfection de tables-bancs et l’installation de l’électricité dans le bureau du directeur ( lumière + prise, pour l’ordinateur apporté par la mission informatique)

Achat d’artisanat pour une valeur de 200€ en prévision de la vente qui s’effectuera pendant la Semaine de la Solidarité Internationale 2009 à l’école élémentaire de Houdan.

Ecole maternelle de Baïla

  • Directeur : Ibrahima SANE
  • Apport de jeux éducatifs divers : puzzles, jeu de mémo, dominos, livres , petits jouets.
  • Apport d’un ordinateur ( bureau du directeur)par la mission informatique.
  • valuation des besoins en fournitures scolaires : une liste a été établie.
  • Une correspondance pour l’année scolaire est en cours entre la classe de G.S d’Aminata DIEME et une classe de M.S. de l’école maternelle de Gallardon ( 28).
  • Une deuxième correspondance est engagée avec une classe de G.S. de l’école de Saint Léger en Yvelines.
  • C’est la seule école maternelle de la C.R. avec celle de DIACOYEBANGA.

Ecole de Katinong

Rencontre avec le directeur : Mafoudji DIEDHIOU

  • L’école compte 6 classes du CI au CM2 fréquentées par 134 élèves. 3 classes sont en bon état. 3 salles sont en abris provisoires. Ces dernières ne disposent ni de tableaux ni d’armoires et il manque environ 60 tables-bancs. Ces 3 abris provisoires ne permettent pas aux élèves de terminer leur année scolaire. Les cours s’arrêtent au mois de mai au lieu du mois de juillet en raison des pluies.
  • L’école est équipée d’une cantine ( sans abri). Tous les enfants y prennent leur repas.
  • L’école n’est pas sécurisée par une clôture. Ceci entraîne des salissures provoquées par les animaux et implique chaque matin le nettoyage de la cour par les enfants avant le début des cours.
  • Les fournitures scolaires ( bics, crayons, cahiers) sont en principe fournies par la C.R. mais la dotation pour la présente année scolaire n’a pas encore été effectuée et le manque de matériel fait bien sûr défaut.
  • En lecture, les élèves apprennent avec la méthode « Sidi et Rama ». Chaque élève possède un livre.
  • Les enseignants évoquent un besoin en matériel informatique. N’ayant pas l’électricité dans le village, mais disposant d’un groupe électrogène, les ordinateurs portables( + imprimantes) seraient une solution ( !).
  • Malgré les conditions d’enseignement, l’école a obtenu de très bons résultats au concours d’entrée en sixième : 98% de réussite

Ecole de Suelle

Rencontre avec le directeur : Ahmed Amadou Fall DIEDHIOU

  • L’école compte 6 classes du CI au CM2 fréquentées par 210 élèves. Les salles de classe sont en bon état.
  • Le principal souci de l’école est le puits. Actuellement tari, il n’y a plus d’eau dans l’enceinte de l’école depuis que la pompe du forage est en panne. Les enfants vont remplir des bidons chaque matin au puits du village. D’après les enseignants, une réfection de la dalle du puits suffirait à le remettre en état. Cette dernière laisse échapper l’eau et explique l’assèchement.
  • L’absence de clôture autour de l’école ( côté terrain de sport et côté gauche en entrant) engendre à la fois des problèmes de salissures occasionnées par les animaux, mais également une surveillance difficile des élèves qui peuvent sortir de l’école, et une impossibilité de faire des cultures au niveau du potager.
  • Un ancien bâtiment ( face aux plus récents) se détériore et menace de s’écrouler. Remis en état, ce dernier pourrait, selon les souhaits de l’équipe pédagogique, être réhabilité en salle de bibliothèque et bureau de direction.
  • En lecture, les élèves apprennent avec la méthode « Sidi et Rama ». L’école a été dotée de manuels de lecture et de calcul du CI au CM2 mais pas en quantité suffisante.
  • Des manuels de français ( La Balle aux mots en particulier) pourraient convenir du CE2 au CM2. Les enseignants en possèdent un exemplaire et l’utilisent comme document pédagogique pour leur classe.

Ecole de Niankitte

Directeur de l’école : Abdou BADJI

  • L’école compte 6 classes du CI au CM2 ( 107 garçons et 84 filles)
  • Il n’y a pas d’eau dans l’enceinte de l’école : la pompe du puits ne fonctionne plus depuis 3 ans.
  • La cantine ne fonctionne plus pour cause de clôture défectueuse.
  • La réfection des bâtiments date de 1958.
  • Le mobilier scolaire( table, chaise, étagère)est très abîmé et insuffisant. Il y a environ 9 tables bancs par classe. Leur réfection et une dotation en mobilier est une priorité pour l’école.
  • Le manque de fournitures ( craies, crayons….) et d’ouvrages pédagogiques est d’autre part souligné.
  • Le collège de Niankitte : Il est composé de 3 classes en rônier à reconstruire après chaque hivernage. Le village prend en charge avec les enseignants et les élèves la construction de classes en banco.

Ecole de Diattang

Directeur de l’école : Bacary COLY

  • L’école compte 6 classes du CI au CM2.
  • Les effectifs sont les suivants :CI ( 29 élèves) CP ( 33 élèves ) CE1 ( 22 élèves ) CE2 ( 20 élèves ) CM1 ( 28 élèves ) CM2 ( 39 élèves).
  • Les salles des CI et CP ont été construites en 1961, celles des CE2-CM1-CM2 en 2000 (financées par l’Etat).
  • L ‘école dispose d’une cantine.
  • Les besoins en matériel pédagogique sont recensés: des romans pour le cycle 3 et tous livres de pédagogie autres que Sidi et Rama permettraient aux élèves d’avoir accès à d’autres types d’écrit . Il manque d’autre part le matériel de base pour les activités de math et de géométrie (règle, équerre, compas …).
  • Les tableaux sont en mauvais état .
  • La clôture est inachevée : il reste 3 côtés pour la finaliser.

Ecole de Caparan

Directeur : Mamadou Saliou Diallo

  • L’école compte 6 classes du CI au CM2 avec 180 élèves (environ 30 par classe – en CE1 et + en CM1 et CM2). 3 classes sont en abri provisoire.
  • Les problèmes évoqués sont les suivants :
  • Pb de Tableau
  • Mobilier
  • La pompe du puits installée par l’UNICEF ne fonctionne plus. Une pépinière a été réalisée dans une maison voisine car il n’y pas d’eau à l’école. (==> demande d’une poulie et d’un saut).
  • Le toit de la bibliothèque et du magasin de stockage s’est effondré pendant la saison des pluies. De nombreuses pertes : presque plus de livres en état. La réparation du toit de ce bâtiment serait une priorité ainsi que l’apport de matériel didactique. La construction d’une nouvelle classe serait également nécessaire. L’association des parents réalisent des devis pour ces travaux
  • Il n’y a pas de réfectoire donc les élèves mangent dans les salles de classe.
  • Vu qu’il n’y a pas de foyer des jeunes car les militaires ont investi l’endroit, les fêtes s’organisent dans les salles de classe.
  • Pas encore de raccordement EDF mais bientôt!!!!!
  • Récapitulatif par priorité : Réparation du bâtiment endommagé ==> Toit, Matériel didactique, Construction d’une nouvelle classe, ensuite ordinateur et Réfectoire
  • Une correspondance avec l’école de Septeuil est en cours puisqu’il y a eu échange de courriers lors de notre passage.
  • Un organisme Espagnol a fait construire un mur en dur tout autour de l’école : NEUF

Ecole de Balandine

Rencontre avec le directeur : Mamadou Atybya COLY

  • L’école compte 3 classes : CI – CE1 – CM1 ( pour l’année scolaire 2008-2009)
  • Son fonctionnement est particulier par rapport à ce que nous connaissons. En effet, le recrutement des élèves a lieu tous les deux ans. Les élèves qui sont entrés au CI cette année feront le CP l’an prochain, ceux du CE1 iront en CE2 … Le nouveau recrutement pour le CI aura lieu pour l’année scolaire 2010-2011 .
  • Les locaux ( 6 salles de classe dont 3 fermées) appartiennent à l’évêché.
  • Petit historique de l’école : Avant 1956, il n’y avait pas d’école à Balandine. Seuls les villages de Baïla et Sindian en possédait une. Création d’une école privée : L’école de la mission catholique de Balandine. De nombreux enfants des villages voisins la fréquentaient. A partir de 1970, chaque village a voulu sa propre école. L’Etat sénégalais a accordé des subventions pour leur construction. Dès lors, les effectifs de l’école de Balandine ont énormément chuté. Les frais d’entretien des locaux, la rémunération des enseignants devenaient alors très difficiles pour les familles. L’école de la mission catholique a donc fermé. L’état a autorisé la construction d’une école publique. Sans subvention, cette école a été construite en banco derrière le bâtiment actuel. Mais il y a 10 ans, l’école s’est écroulée. Une négociation avec les prêtres a été entreprise afin de pouvoir utiliser les locaux de l’ancienne école privée. Après de multiples débats, l’accord a été donné et le contrat signé il y a 5 ans. Depuis l’école publique de Balandine utilise les locaux à titre gracieux. Le contrat engage le village à entretenir et à réparer les locaux.
  • L’école n’a pas de cantine car les effectifs ne sont pas suffisants.
  • Le principal souci de l’école est l’absence d’eau. Il n’y a pas de puits à l’école de Balandine. Il faudrait creuser à 20m pour trouver de l’eau. Tout comme à Suelle, les enfants vont chaque matin, aux puits du village chercher des réserves d’eau pour la journée. Le PROCAS (Programme d’appui au développement socio-économique pour la paix en Casamance) avait promis de créer des puits dans chaque école mais rien n’ a été effectué à ce jour.
  • En lecture les élèves apprennent avec Sidi et Rama. Des manuels scolaires comme le BLED seraient les bienvenus.
  • Le problème récurrent du manque de fournitures scolaires est évoqué. Une liste des besoins en ce domaine a été donnée ( stylos, crayons, craies, règles, compas, cahiers).

Ecole de Diaboudiore

  • L’école compte 3 classes : CI (45 élèves)– CE1 ( 29 élèves)– CM1 ( 30 élèves) pour 104 élèves ( 59 filles, 45 garçons).
  • Les besoins se situent plus particulièrement au niveau du matériel pédagogique et du mobilier scolaire.
  • Les enseignants ne disposent de bureau, dans aucune des classes.
  • Il manque au CI du matériel didactique ( perles, puzzles …)
  • Il manque des livres ( romans ) pour enrichir la lecture au cycle 3.
  • Dans les classes, les placards ( un par classe) ne disposent pas d’étagères , et les livres qui y sont stockés le sont à même le sol, dans le sable, ce qui les abîme très rapidement.
  • Les portes des classes ne ferment plus , laissant aux animaux la possibilité d’entrer.

Ecole de Katoudié

Rencontre avec le directeur : Insa SANE

  • L’école compte 3 classes : CI (38 élèves ) – CE( 29 élèves )– CM (11 élèves ).
  • Il n’y a pas d’eau.
  • Chaque année l’école est endommagée par les pluies et cette année elle a de plus subi une tornade. Dernièrement toutes les toitures ont du être refaites.
  • Les locaux sont vétustes et insuffisants ( pas de bureau, pas d’urinoir)
  • Le manque de matériel :
  • Tables-bancs en mauvais état
  • Fournitures manquantes( cahiers, stylos …)
  • Absences de dictionnaires, de matériel de géométrie, d’ouvrages pour les maîtres
  • Malgré ces difficiles conditions de travail, seuls 4 élèves sur 30 ont échoué au concours d’entrée en sixième.

ONG TOSTAN

Rencontre avec Fatoumata DIALLO de l’ONG TOSTAN et Mamadou GOUDIABY ( trésorier du poste de santé)

« Tostan » signifie « explosion » en WOLOFF.

  • Les objectifs de cette ONG reposent sur l’abandon de l’exclusion.
  • Les financements sont américains.
  • Les interventions ont lieu :
  • dans le domaine de la santé ( voir rapport de Sylvain DIONNET)
  • dans le domaine du scolaire : alphabétisation
  • dans le domaine publique : respect des droits humains

Dans le domaine du scolaire Fatoumata DIALL0 travaille en partenariat avec le programme de l’école de base et enseigne aux adolescents et aux adultes n’ayant pas acquis la lecture. Les cours sont dispensés dans les écoles. A Baïla, ils ont lieu trois fois par semaine après la classe à raison de deux heures chaque jour. Ils profitent à 60 personnes venant toutes de leur plein gré. Ces cours sont aussi l’occasion de « causeries » au cours desquelles les thèmes de santé ( hygiène, maladie, sida …) et d’environnement ( lutte contre la déforestation, …) peuvent être abordés.

Conclusion

Ces prises de contact, ces évaluations de besoins , mais surtout ces échanges avec les enseignants, avec les représentants de l’APE (Association des Parents d’Elèves), avec les enfants que nous avons pu rencontrer tout au long du séjour nous ont montré une fois encore combien les conditions d’apprentissage des écoliers de la Communauté Rurale de Suelle étaient difficiles.

Le problème de l’eau qui revient de manière récurrente, l’insuffisance de constructions résistantes aux pluies , le mobilier défectueux, le manque de matériel pédagogique et de fournitures scolaires … constituent la longue liste des difficultés recensées.

Nos rencontres, nos palabres, et les petites aides ponctuelles que nous avons pu apportées ici et là par le biais des dons des voyageurs, des dons des écoles de la CCPH et du collège Bel Air de Montfort l’Amaury nous ont permis de mesurer combien était grand l’espoir de voir grandir le soutien de l’Association Kassoumaï envers les écoles de la C.R.

Florence MAILLIER

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